Anne et François Monin

 

Anne et François Monin sont installés à la Peyrarié,
à Peyrolles, où ils tiennent un gîte. 

Ils se sont engagés  
dans un contrat Natura 2000 "Restauration des
châtaigneraies cévenoles méditerranéennes"
en 2016, pour une durée de 5 ans

En savoir plus sur ce contrat

 


Quelle a été votre démarche ?

L’une des raisons qui nous a amenés à acheter notre maison il y a 20 ans était la présence de châtaigniers tout autour, car nous attachions déjà une grande importance à cet élément caractéristique pour nous des « Cévennes authentiques ». Quelques arbres à la lisière de cette châtaigneraie nous ont tout de suite fourni plus de fruits qu'il n'en faut pour notre consommation familiale. Mais l'ensemble s'est vite avéré impénétrable du fait de la pente, des broussailles, des genêts et des ronces.

En outre, cet espace revenu à l'état sauvage était devenu un danger pour la maison : certains arbres malades menaçaient les bâtiments et le débroussaillage jusqu'à 50 mètres de l'habitation était au-dessus de nos forces. Nous avons aussi rapidement senti que nous n'avions aucune des connaissances spécifiques nécessaires à la restauration de cet ancien verger de châtaigniers.    

En 2015, nous avons découvert les actions de Natura 2000 à travers « Peyrolles info », notre bulletin municipal, et nous avons rapidement fait le lien avec notre châtaigneraie. Par l'intermédiaire du Maire de Peyrolles, nous avons contacté l’animatrice du site « Vallée du Gardon de Saint-Jean ». 

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors du montage de votre contrat ?

Les démarches et les circuits administratifs sont très longs (particulièrement en cette période de fusion des régions), et cela a failli mettre en péril notre projet. Nous attendions une notification pour démarrer les travaux et nous l’avons reçue juste à temps pour les démarrer à la période favorable. Autrement, il aurait fallu attendre une année supplémentaire et risquer de ne plus être en adéquation avec le cahier des charges du contrat.

De plus, le jargon règlementaire hyper-spécifique devient rapidement inaccessible. Il ne représentait rien de concret pour nous. Enfin, nous avons dû avancer le financement des travaux. Le remboursement, bien que total, est assez long et la date impossible à anticiper. Tout cela a tendance à repousser au premier abord, mais, si on le peut, il faut persévérer car cela en vaut la peine !    



Quels points positifs retenez-vous de cette expérience ?

Nous saluons l’accompagnement par l’animatrice Natura 2000 et notre interlocuteur à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM). Nous ne nous sommes jamais sentis seuls dans le montage et les formalités administratives du contrat. Ils nous ont conseillé de commencer par travailler sur une petite surface afin d’assurer la pérennité de nos actions, et c’était très pertinent. Cela donne confiance et permet d’avoir la motivation de continuer à étendre le projet par la suite, à notre rythme.

Nous avons été mis en relation avec des professionnels du châtaignier (castanéiculteur et élagueurs), qui nous ont apporté des conseils personnalisés pour s’adapter au mieux à notre terrain et à nos arbres (variété, état de conservation, etc.). Leur travail a permis de mettre à jour des vestiges de terrasses qui témoignent de l’activité passée sur nos terres. C’est très émouvant de voir le travail incroyable qu’ont fourni ces gens pour façonner des pentes qui nous semblent aujourd’hui inexploitables.

Sur deux autres registres, les travaux de débroussaillage nous ont permis d’être à jour de nos obligations en matière de réglementation sur les risques incendies et les coupes nous ont fourni un excellent bois de chauffage qui couvre nos besoins pour la maison (deux poêles à bois, deux cheminées, un four à pizza) et les grillades.

Enfin, nous avons pu valoriser notre projet de restauration auprès de nos hôtes, qui étaient ravis de constater des actions concrètes menées grâce à des financements européens.    



Quelles sont vos attentes et projets pour la suite ?

Nous souhaiterions tout d’abord voir, dans le temps, les effets de la restauration sur la productivité de nos arbres et la qualité des fruits qu’ils produisent. Avant les travaux, nous avions déjà suffisamment de châtaignes pour notre consommation personnelle. Mais il serait intéressant de voir l’évolution de notre verger pour savoir, arbre par arbre, lesquels utiliser pour préparer des marrons glacés, avoir des châtaignes à griller et faire des confitures.

En récoltant un peu plus, tout en restant à l'échelle de notre consommation familiale, nous pourrions envisager d’aller transformer nos fruits dans un atelier. A plus long terme, nous serions peut-être intéressés pour étendre l’entretien à d’autres zones, regreffer des variétés anciennes ou remonter certains murs des terrasses.

Avec ou sans Natura 2000, nous avons maintenant les contacts et l’expérience nécessaires pour avancer de façon autonome !          



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